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KAFE POLITIKA, Comment sortir du chômage des jeunes à Madagascar ?8 min read

Le vendredi 13 Janvier s’est déroulé le premier Kafe politika, un nouvel espace de rencontre au sein de l’IEP Madagascar. Dirigé par la directrice de recherche Pr Camille ESCUDE, le Kafe Politika est un concept de débat, de discussion et aussi de propositions de la part de nos invités durant lequel des intervenants discutent sur des questions politiques et sociales du pays, il est modéré par les étudiants du Club Culture et Vie Politique de l’IEP.

Lors de cette première rencontre, les 3 intervenants Clara RAMAROMANANA, administratrice principale chargée des Programmes bureau au sein des de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ; Lanto RATSIDA, sociologue au sein de l’Observatoire de la jeunesse et Liva Daniel RATSIMBAZAFY, responsable du bureau d’Orientation et d’emploi au sein de l’Association PROMES, programme SESAME, ont su éclairer les étudiants et le public sur la problématique « Comment sortir du chômage des jeunes à Madagascar ? »

A Madagascar, le taux de chômage – défini comme l’état d’une personne souhaitant travailler et qui est à la recherche d’un emploi, est estimé à 4,5% et dont les jeunes sont les principaux touchés.

Pour les experts, lorsqu’on évoque le mot chômage, plusieurs aspects et acteurs entrent en jeu. Historiquement parlant, le chômage à Madagascar est déjà ancré dans l’histoire du pays. Des différents évènements comme la colonisation, les programmes d’Ajustement Structurel ont eu notamment pour conséquence d’accroître les difficultés pour atteindre des progrès technologiques. D’où cette incompréhension de la jeunesse même ; les jeunes ne se situent plus donc face à la réalité.

Sur le plan éducatif, pour eux l’éducation serait trop sectionnée, par exemple les collégiens ne sont pas assez préparés pour le lycée, de même pour les lycéens qui ne sont pas du tout prêt pour les études supérieures. On peut dire que le système éducatif actuel date encore d’un modèle qui a répondu aux besoins de l’ancienne époque.

Dans la communauté malgache, l’inégalité sociale persiste, c’est un problème structurel. Le monopole de pouvoir met en relation la culture et le chômage. A Madagascar, il n’est pas évident de trouver un emploi car on maintient une structure qui exclut les jeunes, surtout ceux dans les milieux ruraux.

Mais il est aussi nécessaire de prendre en compte toutes les parties prenantes qui sont les jeunes eux-mêmes, les secteurs privés et publics, la société civile, …D’après une enquête, on a pu en tirer que la tendance à suivre les mêmes filières sature les secteurs et augmente la difficulté à s’insérer sur le marché du travail. On sait aussi que la majeure partie des jeunes veulent s’exercer davantage dans le secteur public bien que le secteur privé offre une niche d’emploi.

Autre constat non négligeable, le secteur informel occupe une place importante à Madagascar. Les emplois ruraux et les aides familiales dans l’agriculture contribuent en grande partie à la hausse des emplois informels (75% des emplois se situant en milieu rural). Mais le secteur informel est à la fois source de problème et solution pour le pays. Certes, le taux d’emploi informel à Madagascar est très élevé mais il permet aux jeunes d’accéder à des revenus.

De ce fait, des questions se posent : quels outils devraient se munir les jeunes pour affronter l’environnement du travail ? Quelles solutions pourrait-on proposer pour cette lutte contre le chômage ? Nos trois spécialistes se sont aussi mis d’accord sur le fait qu’il nous faut de la synergie et de la coordination. Toute coopération est importante car ce n’est pas le travail d’un seul secteur mais c’est ensemble que nous réussirons à attaquer de manière globale cette problématique.

Ils dénoncent qu’il est d’abord nécessaire de faire comprendre aux parents leur place sur le choix des jeunes pour leur avenir, ils ne devraient pas être un blocage pour l’atteinte de leurs objectifs, mais au contraire ils devront motiver leurs enfants à se propulser. Même si à Madagascar, les études ne mènent pas toujours à l’insertion professionnelle ; il est important de créer un lien entre les jeunes et les entreprises en leur incitant à la créativité et à se former davantage. Les experts plaident pour la mise en place d’un dispositif d’orientation, toute en élaborant aussi un système d’équité pour assurer l’égalité de tous les jeunes, pourquoi ne pas s’attaquer directement à la corruption et au népotisme.

Peut-être, est-ce aussi une question d’éducation encore, car la sociabilité fait grandement défaut aux jeunes, il faudrait s’investir sur ce domaine. En valorisant La formation professionnelle comme en créant des Pole-Emplois, on réduirait aussi les inégalités entre les territoires et rééquilibrerait les emplois. Mais il faudrait que l’Etat renforce aussi sa contribution dans cette lutte contre le chômage, par exemple en accentuant les subventions politiques. « Il faut que l’Etat démontre une réelle volonté à inciter les jeunes à l’emploi » souhaiteraient nos panélistes ; en citant en exemple la mise en œuvre d’une politique ambitieuse et volontariste revoyant le montant de l’enveloppe de la loi des finances et les investissements.

Le chômage constitue un frein relativement important pour le développement de l’économie malgache, et dont la réduction requière une bonne synergie et la collaboration de tous les acteurs.  Le travail reste une clé de répartition de richesse et pour le développement économique d’un pays.

RAZAFITSIFERANA Ravoavosoa, étudiante L1 à l’IEP Madagascar

RABARISON Saina Anthonio, étudiant L1 à l’IEP Madagascar

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